Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu un sujet incontournable dans le secteur de la location immobilière. Ce diagnostic, bien plus qu’une simple formalité, joue un rôle clé dans la protection de l’environnement et le confort des occupants. En effet, il informe les futurs locataires sur la consommation énergétique d’un logement ainsi que sur ses émissions de gaz à effet de serre. Comment ce diagnostic est-il réalisé ? Quelles sont les obligations des bailleurs ? Pourquoi est-il si important pour le marché immobilier ?

Ce guide se propose d’éclairer les propriétaires et les locataires sur les enjeux liés au DPE pour la location, afin de favoriser des transactions transparentes et conformes à la législation. Fort d’une législation évolutive, le DPE ne se contente plus de donner des chiffres, il crée une véritable dynamique pour la transition énergétique des logements. Découvrons les différentes facettes de ce diagnostic essentiel.

Le principe et la définition du DPE

Le Diagnostic de Performance Énergétique, ou DPE, évalue la performance énergétique d’un bien immobilier. Il est un indicateur clé concernant la consommation d’énergie d’un logement et son impact environnemental, en mesurant la quantité d’énergie utilisée et les gaz à effet de serre émis. Ce diagnostic est à la charge du propriétaire et doit être réalisé avant la mise en location du bien. Cela permet aux potentiels locataires de connaître la performance énergétique du logement avant de signer le bail.

La durée de validité d’un DPE est de dix ans, et il reste applicable même en cas de changement de locataire. Les locations de résidences principales sont systématiquement concernées par cette obligation. En revanche, les logements saisonniers et ceux de moins de 50 m² échappent à cette réglementation. Ainsi, il est essentiel pour tout bailleur d’intégrer ce diagnostic dans le processus de location de son bien.

L’objectif du DPE location

Le DPE a initialement été conçu pour informer le futur locataire sur la consommation énergétique de son logement. Un DPE bien réalisé fournit une projection des coûts énergétiques susceptibles d’être engagés par les occupants. Ce diagnostic est également un outil d’anticipation pour le propriétaire, qui peut ainsi envisager des travaux pour améliorer la performance énergétique de son bien. À cet égard, ce diagnostic devient un élément stratégique dans la valorisation d’un bien locatif.

Le gouvernement a renforcé la législation sur le DPE afin de lutter contre les passoires thermiques, c’est-à-dire les logements énergétiquement non performants. La loi Climat et Résilience vise à éradiquer progressivement ces logements du marché immobilier, ce qui affecte donc directement le positionnement des biens en location. Ainsi, plus un logement est performant énergétiquement, plus il a de chances d’attirer des locataires et d’obtenir un loyer supérieur.

Comment le DPE est-il réalisé ?

La méthode de calcul du DPE a changé en 2021. Les diagnostiqueurs immobiliers utilisent désormais une méthode conventionnelle appelée 3CL, qui prend en compte un large éventail de données du bâtiment. Cela inclut l’année de construction, la situation géographique, l’orientation, la superficie, ainsi que les matériaux et systèmes de chauffage disponibles.

Lors de cette procédure, des informations précises sont collectées et saisies dans un logiciel spécialement conçu pour produire le diagnostic. Les résultats incluent deux étiquettes : l’étiquette énergie, qui évalue la consommation annuelle d’énergie, et l’étiquette climat, qui mesure les émissions de CO2. Les logements les plus performants bénéficient de lettres A ou B, tandis que ceux jugés très énergivores sont classés F ou G.

Les étiquettes de performance

Les étiquettes DPE fournissent des indications précieuses sur la performance énergétique d’un logement. En effet, lorsque le diagnostic est réalisé, plusieurs informations cruciales sont révélées, notamment :

  • La surface de référence pour évaluer la consommation énergétique
  • Les équipements de production d’énergie et leurs performances
  • Des recommandations d’amélioration pour optimiser la performance énergétique

Ces informations, affichées de manière visibilité dans l’annonce de location, aident les futurs locataires à prendre des décisions éclairées sur le choix de leur futur logement. Étant donné que de nombreux ménages cherchent à réduire leur empreinte carbone, un DPE favorable peut constituer un levier pour attirer des locataires.

Les obligations légales du DPE pour la location

A compter du 1er janvier 2023, un seuil de décence énergétique a été mis en place, stipulant qu’un logement ne doit pas excéder une consommation de 450 kWh par m² par an pour pouvoir être loué. Cela implique qu’un bien dépassant ce seuil est considéré comme indécent et ne peut plus être proposé à la location.

Cette législation connaît un durcissement progressif avec l’interdiction de louer de logements classés G à partir de 2025, suivie de lettres F en 2028 et E en 2034. Cette escalade vise à éradiquer les logements les plus énergivores du marché locatif.

Le gel des loyers

La loi Climat et Résilience impose également un gel des loyers pour les logements classés F et G. Cela signifie qu’aucun bailleur ne peut augmenter le loyer de ces logements, quelle que soit la situation. Cette mesure accroît encore la pression sur les propriétaires, les incitant à effectuer les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique de leurs biens immobiliers.

Lors de la publication d’une annonce de location, il est obligatoire d’inclure l’étiquette DPE obtenue, l’estimation de la consommation énergétique annuelle, ainsi que la mention

Les conséquences d’un défaut de DPE

En cas de défaut de DPE, les conséquences peuvent être lourdes. Depuis juillet 2021, le diagnostic est devenu opposable, permettant aux locataires de se retourner contre le bailleur en cas d’erreur ou d’absence de diagnostic. Dans ce contexte, le locataire a le droit d’exiger l’annulation du bail ou une diminution du loyer.

Le bailleur peut également faire face à des sanctions, incluant des amendes pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour un professionnel en cas de non-respect des obligations d’affichage. De même, faire appel à un diagnostiqueur non agréé peut conduire à des amendes de 1 500 €.

Importance de la régularité des diagnostics

Il est crucial pour les propriétaires de maintenir un DPE à jour afin d’éviter des complications. En effet, des informations erronées ou obsolètes peuvent causer des problèmes juridiques, à la fois pour le propriétaire et le locataire. La mise en place d’un diagnostic efficace contribue à la transparence des transactions immobilières.

Dans un marché immobilier de plus en plus réglementé, comprendre l’importance d’un DPE, tant pour le bailleur que pour le locataire, est vital. Cela permet une meilleure gestion des biens, tout en favorisant une transition vers une consommation énergétique plus responsable et durable.

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Léa Collin, 52 ans, titulaire d’une licence en droit immobilier, j’ai commencé ma carrière dans un groupe immobilier comme responsable juridique. Passionnée de technologie, j’ai rejoint en 2004 une startup développant un logiciel immobilier avant sa revente à un grand groupe d’agences immobilières. En 2006, j’ai rejoint la société M2COM, qui développe un site web dédié au logement étudiant en tant que consultante. D’abord chargée de l’aspect juridique du site ainsi que de la rédaction des contenus et guides pratiques, j’ai participé ensuite à son développement commercial. Depuis, j’ai suivi le fondateur de Morning Femina dans sa nouvelle aventure, j’adore! Tout est nouveau mais rédiger du contenu journalistique pour moi n’est pas si éloigné de ce que j’ai toujours fait. Nous venons par ailleurs de lancer un nouveau média immobilier Lesnews.immo spécialisé dans l'actualité immobilière.