La question des travaux de rénovation énergétique dans le cadre d’une location est devenue cruciale au regard des enjeux environnementaux et des réglementations de plus en plus strictes. Les locataires se trouvent souvent confrontés à des situations complexes où leurs droits et obligations se croisent avec ceux de leur bailleur. Ce texte vise à éclaircir les droits des locataires dans le contexte des travaux de rénovation énergétique, en assurant une compréhension claire des processus à suivre pour exiger ces travaux.

État des lieux de la performance énergétique des logements

Depuis le 1er janvier 2023, un seuil de performance énergétique minimum de 450 kWh s’applique aux nouveaux baux. Ce déterminant est essentiel car il impose à tout nouveau bailleur de respecter cette norme dès la signature du bail. Ainsi, les locataires doivent s’assurer de recevoir le Document de Performance Énergétique (DPE) qui atteste de la classe énergétique et des consommations du logement. L’importance de ce document réside dans sa capacité à informer les futurs locataires sur les économies d’énergie qu’ils pourraient réaliser.

Pour les baux établis avant cette date, la situation se complique. Les locataires ne peuvent exiger des travaux de rénovation énergétique que lors du renouvellement du bail, à moins que des problèmes majeurs, tels que des dégradations significatives, n’apparaissent.

Les droits des locataires en matière de travaux

Les locataires sont en droit d’exiger une meilleure performance énergétique de leur logement, surtout lorsqu’ils constatent des défauts de conformité. Selon la loi, ils peuvent commander des travaux d’amélioration tant que ceux-ci ne dénaturent pas le bien loué. Toutefois, cela ne peut se faire sans l’accord préalable du bailleur.

En cas de besoin de travaux majeurs, lorsque le bailleur ne réagit pas aux demandes, le locataire doit préparer un courrier recommandé avec accusé de réception pour formaliser sa demande. Si aucune réponse n’est reçue dans un délai de deux mois, il est possible de se tourner vers la Commission départementale de conciliation (CDC).

Procédures à suivre pour exiger des travaux

Pour qu’un locataire puisse exiger des travaux de rénovation, certaines étapes doivent être suivies pour garantir le respect des droits. Il est primordial de bien comprendre les étapes :

Notification au bailleur

La première étape consiste à envoyer une notification au bailleur. Ce courrier doit clairement exposer le besoin de réaliser des travaux d’amélioration énergétique, et mentionner que le locataire a le droit d’exiger cela. Dans ce cadre, le contenu de la lettre est essentiel pour établir des bases solides lors d’éventuelles discussions conciliatoires.

Conciliation et recours

Si, après l’envoi de la lettre, le bailleur ne répond pas ou refuse d’effectuer les travaux, le locataire peut contacter la commission départementale de conciliation. La CDC a pour rôle d’apporter des solutions amiables entre les parties. En cas d’échec des négociations, l’avis délivré pourra être utilisé devant un tribunal.

Agir en cas d’inaction du bailleur

Il est essentiel de connaître ses droits en cas d’inaction du propriétaire. La loi protège les locataires, leur permettant d’exiger des réparations et un entretien adéquat. Si le bailleur ne se conforme pas, le locataire peut demander au juge de l’instance de trancher le litige.

La décision de ne pas payer le loyer en attendant les travaux est fortement déconseillée, car seul un juge peut ordonner une telle mesure. Cela peut amener à des complications juridiques et des poursuites pour le locataire.

Les locataires doivent également être conscients que les capacités d’un bailleur à refuser des travaux sont limitées. Si des travaux de rénovation améliorent la performance énergétique du bien, ils sont souvent dans l’intérêt des deux parties, tant sur le plan économique que sur le plan du confort des occupants.

Les obligations du bailleur

Le bailleur a différentes obligations envers le locataire, qui doivent être respectées pour maintenir la relation locative saine. Il doit fournir un logement décent, correspondant aux normes de performance énergétique. Dans le cas contraire, le locataire est en droit d’exiger des travaux.

En effet, un bailleur ne peut pas refuser d’effectuer des rénovations nécessaires qui amélioreront la performance énergétique du logement. Si le logement est classé comme une passoire thermique, des obligations supplémentaires s’appliquent au propriétaire. Cela préfigure la mise en œuvre des travaux prévus pour respecter les normes en vigueur d’ici 2025.

Les conséquences d’une non-conformité

Si un bailleur ignore ses obligations, cela peut entraîner des conséquences juridiques. Les locataires ayant constaté des manquements ont le droit de porter leurs préoccupations devant la justice. La mise en place de nouvelle législation visant à interdire la location de logements classés G et en dessous en 2025 signifie que des sanctions peuvent également être imposées aux propriétaires ne respectant pas les normes d’efficacité énergétique.

Cela incite les propriétaires à agir de manière proactive pour éviter des complications juridiques et financières. De la même manière, cela renforce l’importance pour les locataires de se renseigner sur leurs droits et d’oser les faire respecter.

Les aides possibles pour les locataires

Face aux défis des travaux de rénovation énergétique, il existe des dispositifs d’aide pour soulager financièrement les locataires. Le chèque énergie est l’un des outils à disposition, permettant de financer une partie des travaux. De plus, il est judicieux de se renseigner sur d’autres aides possibles offertes par le gouvernement pour la rénovation énergétique.

Les locataires pourraient également se tourner vers les aides provenant des collectivités locales, qui parfois proposent des subventions ou des prêts pour accompagner ces transformations.

Les démarches pour bénéficier des aides

Il est important pour les locataires de bien comprendre comment accéder aux différentes aides. Souvent, ces dispositifs nécessitent des démarches administratives précises, incluant des justificatifs de revenus et des devis pour les travaux envisagés. Des plateformes en ligne sont également mises en place pour faciliter ces démarches.

Pour maximiser les chances d’obtenir un soutien financier, il est recommandé de se rapprocher d’associations dédiées ou de services d’aide à la personne qui peuvent guider les locataires dans leurs recherches d’aides.

Conclusion sur les droits des locataires et les rénovations énergétiques

Le contexte légal évolue rapidement, et il est essentiel que les locataires soient informés de leurs droits. La performance énergétique des logements étant devenue une priorité, les locataires doivent savoir comment interagir avec leurs bailleurs, exiger des travaux lorsque cela est nécessaire et naviguer dans le cadre légal afin de préserver leurs droits.

Les locataires dotés des connaissances requises pourront mieux défendre leurs intérêts et contribuer à une amélioration durable de leur cadre de vie. Ils doivent également garder en tête l’importance de la communication avec leur bailleur afin de garantir une relation réciproque respectueuse et constructive.

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Léa Collin, 52 ans, titulaire d’une licence en droit immobilier, j’ai commencé ma carrière dans un groupe immobilier comme responsable juridique. Passionnée de technologie, j’ai rejoint en 2004 une startup développant un logiciel immobilier avant sa revente à un grand groupe d’agences immobilières. En 2006, j’ai rejoint la société M2COM, qui développe un site web dédié au logement étudiant en tant que consultante. D’abord chargée de l’aspect juridique du site ainsi que de la rédaction des contenus et guides pratiques, j’ai participé ensuite à son développement commercial. Depuis, j’ai suivi le fondateur de Morning Femina dans sa nouvelle aventure, j’adore! Tout est nouveau mais rédiger du contenu journalistique pour moi n’est pas si éloigné de ce que j’ai toujours fait. Nous venons par ailleurs de lancer un nouveau média immobilier Lesnews.immo spécialisé dans l'actualité immobilière.